vendredi 7 août 2015

Visite du musée Soulages à Rodez


Déjà une semaine de vacances « dépensée ». Ca va trop vite. Ouuuhuiin.
J’essaie de ne pas y penser pour plutôt rester dans le présent … comme le conseillent les bouquins et autres magazines de développement personnel dont je me suis gavée récemment… Cependant, petit retour sur ce passé proche pour te raconter un des points d’orgue de cette 1ere semaine ; ma visite au musée Soulages.

Bon, je dois reconnaître qu’il n’y avait pas que la visite du musée qui me motivait. La perspective d’un déjeuner chez Bras le mythique restaurateur comptait particulièrement dans l’intérêt de la journée (gourmande un jour, …). Ce n’est que le café Bras, hein, pas le relais & château. Mais tout de même !

Soulages (comme tu sais ?) est un peintre de l’abstraction, né à Rodez, très réputé, le mieux coté de son vivant (m’enfin, il a près de 95 ans aujourd’hui).
En tant qu’aveyronnaise (à 50%) et amie (muse ( !?, mon rêve !) de peintres (dans l’abstraction aussi mais dont la côte je l’espère rattrapera un jour ou du moins allez s’approchera de celle de Soulages), je me suis fait un devoir de le connaître mieux … et surtout de comprendre sa peinture. Parce que tout ce noir …pfff…

Je n’avais pas capté grand-chose de l’expo qui lui était consacrée à Beaubourg, il y a 4 ou 5 ans. Je connais mal l’art contemporain et en plus je n’apprécie qu’assez modérément, je dois reconnaître. J’étais également allé à l’abbaye de Conques il y a quelques années mais n’avais pas été éblouie (euphémisme) par les vitraux. Donc Soulages était une énigme et à la limite une (nouvelle) arnaque de l’art contemporain

Alors cette fois la visite guidée s’imposait. Choix dont je me réjouis encore puisque j’ai (enfin) eu quelques clefs pour comprendre (et du coup apprécier) l’artiste et bien sur ses œuvres.

La guide (de l’office du tourisme, pas du musée qui, lui, ne propose »que » l’audio guide)  sympathique et agréable nous a apporté des explications sur les diverses techniques utilisées (très techniques) et sur les motivations de l’artiste.

Déjà le bâtiment. 
Moderne, discret, comme une boite posée, j’ai surtout été surprise par l’aspect rouillé d’un bâtiment pourtant neuf (no comment, sur ces commentaires)
Grâce à la guide, j’ai appris que Soulages lui-même avait contribué au choix des architectes catalans choisis pour leur travail de la matière : béton, verre, acier (acier Corten qui ne s’oxyde pas, se patine avec le temps et rappelle les brous de noix ainsi que la terre rouge et du gré de la région)
L’objectif du musée est de mettre en valeur et préserver les œuvres offertes par Soulages
La température, les volumes des salles et bien entendu la recherche sur la lumière ont été essentiels.


Ensuite le contenu.
La visite guidée a permis de mettre l’accent sur la manière dont sont nées les œuvres. Le travail sur la technique (eaux fortes, lithographies, sérigraphies ; papier, brous de noix…). La guide a mis en exergue la curiosité de Soulages, ses expérimentations techniques et aussi sa prise de liberté avec ces techniques.
Et ceci démontre aussi le travail réalisé.
Une vidéo montre les travaux préparatoires multiples pour les vitraux de Conques ; essais de verre avec des maîtres verriers, recherches sur ce qui existaient avant, ailleurs …

Et évidemment la guide m’a donné des réponses à THE question : Pourquoi (tout) ce noir ?
Pour le contraste qu’il apporte, pour les jeux de lumière qu’il permet, pour les interactions qu’il génère avec d’autres couleurs et avec la lumière, parce que il crée quelque chose.
Ce que j’ai apprécié c’est que Soulages ne revendique rien, ne raconte rien, ne conteste rien 
(si j'aime certaines œuvres et/ou certains artistes contemporains (Nikki de St Phalle, Miro, Keith Haring)  j'ai globalement plutôt du mal avec l'art moderne et avec les postures et discours des artistes modernes et/ou (plutôt !?) des galeristes. Souvent, ils me paraissent branler les queues de cerises. Je ne comprends rien et/ou n'arrive pas à apprécier les Duchamps, Buren, Koons ou encore Piero Manzani et sa merde en boite. Le pire étant probablement l'art conceptuel
Donc pour résumer, l'art moderne me déroute et (surtout) sent l'imposture et l'arnaque.
Alors cette position de Soulages me semble (plus)  « honnête » et même rafraichissante (il a fait plus de 33 degrés ces derniers jours alors ce qualificatif est TRES positif)

J’aime que Soulages prenne la liberté de faire ce qu’il veut, et nous accorde la liberté d’y voir ce qu’on veut. Il fait des choix à partir d’une envie, voire d’un besoin et cela aboutit par un « heureux hasard » à une œuvre, le résultat d’une expérimentation. Ce que je fais m’apprends ce que je cherche
Efforts de l'artiste, savoir faire, intuition esthétique, inspiration : Ca, ça me parle, ça résonne : j’y crois et même … j’y adhère !
Et du coup ( !?) je regarde avec beaucoup plus de bienveillance ses œuvres... et … je les apprécie !!

Bref, le musée Soulages : allez y !!!

non je ne suis pas sponsorisée par l'office du tourisme de l'Aveyron mais je suis en symbiose , regarde :
fait pour durer . prendre le temps . simplement bien . être dans le vrai

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